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Les Gestes de l’Ecole de New York

L’Action Painting - repose sur l’action de peindre, le mouvement et le geste quasi-aléatoire de l’artiste.

Jackson Pollock est la figure majeure de l’action painting et de l’École de New York, il utilise notamment le dripping, technique toute spécifique à l’artiste, consistant à faire couler de la peinture sur la toile, posée à même le sol, de façon aléatoire, avec des bouts de ficelle ou des pots de peinture aux fonds percés. Pour Pollock, se confronter à la toile vide, pour chercher à lui donner du sens, c’est faire écho à la crise existentielle de l’homme moderne. Il envisage donc son travail comme une sorte de quête spirituelle.

C’est aussi le cas de Franz Kline et Willem De Kooning, qui pratiquent sur la toile des gestes de balayement énergiques et violents, donnant à l’émotion de ce défoulement dans l’acte spontané une forme sensible, matérielle et abstraite à la fois, en tant que création artistique. Clément Greenberg a souligné que pour ces artistes "l’identité et la relation au monde sont des données fondamentales".

Le Colorfield Painting - unifie les formes et les mouvements par des aplats de couleur et un jeu porté sur les axes horizontaux et verticaux. Le geste est affiné et réfléchi.

Mark Rothko et Barnett Newman travaillent sur l’idée de palette chromatique. La couleur acquière une grande autonomie grâce à l’emploi de champs colorés qui recouvrent toute la surface du tableau. La peinture dégage un sentiment de fluidité et appelle à la méditation par son aspect minimaliste et conceptuel.

C’est que les gestes de ces artistes doivent s’approcher d’un ordre presque transcendantal, ils doivent les maitriser pour mieux sonder leur être. La fluidité maitrisée du geste amène ce sentiment de méditation et de profondeur presque mystique, notamment avec Rothko.

Le colorfield painting s’est formé avec la volonté d’aller contre le mouvement de l’action painting, préférant les formes colorées bien définies de Barnett Newman au chaos et à la violence des taches et des coulures de Jackson Pollock.

Ce sont donc deux tendances quasi opposées qui composent l’École de New york. D’une part le Colorfield Painting, qui uniformise et unifie les formes et les couleurs par des gestes maitrisés et réfléchis, et d’autre part l’Action Painting, qui est peinture gestuelle dans l’action, violente et spontanée, "plus une image mais un évènement" comme le dira le journaliste Harold Rosenberg. Les formes sont certes destructurées et aléatoires pour l’Action Painting, et au contraire méditatives et unifiées pour le Colorfield Painting, mais tous ces artistes sont pourtant à la même recherche d’un sens et d’une expression de leurs pensées et de leurs sentiments, et emploient l’abstraction pour tenter de traduire un être qui ne pourrait se réduire à une simple représentation sensible du monde.

flavien.M